PoissartQuand j’ai commencé cette série de cette famille « un peu dans la gêne » vivant dans une caravane sur un terrain vague, c’était sans doute de la caricature. Mais la réalité m’a rattrapé. Et à l’heure du libéralisme triomphant (quoique de moins en moins !) cette joyeuse plongée au cœur de la misère humaine est plus que jamais dans l’actualité.

L’idée était aussi de parler de toutes ces tragédies contemporaines que sont la pauvreté ou la maladie avec dérision. Tenter de rire de tout, sans limites, à la seule condition de rester à hauteur des personnages, et jamais dans le jugement ou le dénigrement.

A vous de me dire si j’ai réussi mon pari…

Prix de la presse Angoulême 1989
Grand prix de l’humour noir

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Grand reporter de la petite misère
Avant la case BD, je suis passé par la case Journalisme. J''y engrange une somme d'images sur le vif, un vécu émotionnel précieux. car le statut de journaliste permet, comme les médecins et les huissiers, de pénétrer partout, dans tous les milieux, des pince-fesses à la Préfecture aux taudis misérables des fait-divers. J'y rencontre donc une foule de personnages, saisis dans leur quotidiens, leurs intérieurs, leur vérité. je ne sais pas encore que tout çà fournira la matière première d'une série d'histoires cruelles et réelles : "les damnés de la terre associés".

Rire du malheur ?
Plus tard donc, je raconterai en BD ces ambiances de terrains vagues, de chômeurs en fin de droits vivant dans des caravanes, ces hôpitaux sordides. En évacuant le ressenti de ces années-là. Mais surtout avec le recul de la dérision, que seul permet la fiction, et particulièrement la BD. Le genre où s'épanouit le plus facilement la caricature. Tant il me semble que la caricature est un outil perforant, cinglant, qui met à nu sans ambages.

Évidemment, les situations que j'évoque sont excessives. Notamment la mise-en-scène de la misère, la maladie ou du handicap. On m'a souvent reproché une certaine complaisance à rire du malheur. Encore une fois, sans que j'en ai eu l'intention, et avec le recul, je répondrai que c'est le point de vue qui sauve. Je ne me situe pas au dessus des personnages, les jugeant. Je suis avec eux. Je ne viens pas du seizième arrondissement, pour ironiser. C'est mon milieu d'origine, je raconte ce que j'ai vu, ressenti. En relisant ces histoires, je devine une profonde tendresse de l'auteur pour les personnages. Le choix discutable de décrire l'univers des malades ou des handicapés, vient de l'intuition que les exclure du rire, c'est encore les exclure. Que la fausse compassion, ou l'oubli sont bien plus graves.

Et puis surtout: l'humour autorise à aborder tous les thèmes, même et surtout les plus scabreux. C'est un formidable véhicule, qui fait sauter au passage toutes les conventions. Une brèche par où circule un peu d'air frais. C'est de la vie qui déboule. De la vraie.